Prix Miroir de l'Art

Le Prix Miroir de l'Art est remis chaque année au mois de décembre.

 

Depuis sa création en 2012, le Prix Miroir de l’Art a souhaité mettre en avant des artistes au profil atypique,

dont le travail mérite un éclairage particulier.

Découvrez les lauréats ci-dessous.

Gérard CAMBON (2020)

L’univers singulier (souvent imité, c’est la triste vérité, mais jamais égalé) de Gérard Cambon, mérite pour mille raisons de figurer en bonne place dans notre prestigieux palmarès. Expression d’un génial assembleur d’éléments hétéroclites, son art est un magnifique pied-de-nez à notre époque si compassée. L’humour y est consubstantiel de la démarche créatrice mais il n’en est pas l’unique rouage. Le monde selon Cambon est un monde en révolution permanente, qui ne cesse d’évoluer au gré de la fantaisie de l’artiste, et dont les multiples facettes renvoient aux enjeux de notre propre réalité.

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Pablo FLAISZMAN (2018)

Après le sculpteur Pierre Riba en 2017, et à la suite de Lionel Tonda en 2012, Anne Bothuon en 2013, Jörg Hermle en 2014, Hans Jorgensen en 2015 et Abraham Hadad en 2016, c’est donc Pablo Flaiszman (déjà aperçu plusieurs fois dans nos colonnes) qui est mis à l’honneur cette année. Le Prix annuel de Miroir de l’Art vise à mettre en exergue un artiste au travail atypique. Pablo Flaiszman et ses subtiles et très personnelles aquatintes appartient à cette catégorie d’artistes qu’il nous plait d’honorer. Voici un extrait de ce que nous écrivions dans le numéro 79 sur son œuvre : Une musique sourde monte de ces gravures, comme une voix de basse, à peine audible, qui souligne dans chaque trait l’étrangeté de nos vies minuscules. Et la galeriste Laurence Paton écrit comme en écho : Même les scènes les plus familières— un enfant à table avec ses parents, un couple qui s’embrasse, seul au monde, à la fin d’une soirée— basculent dans l’étrange... Oui vraiment, ce 7ème Prix Miroir de l’Art est amplement mérité pour cet artiste né en en 1970 à Buenos-Aires (Argentine), qui vit et travaille à Paris depuis 2000 et qui est représenté par la galerie L’échiquier à Paris.

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Abraham HADAD (2016)

Comme il le mérite Abraham ce Prix Miroir de l’Art, lui qui peint depuis plus de cinquante ans, et dont le travail n’a jamais cherché à suivre quelque mode que ce soit. Il est libre, obstiné, et sa peinture ne ressemble à aucune autre. Etrange peinture au sein de laquelle on rencontre de drôles de personnages aux grands yeux écarquillés, des humains revus et corrigés façon Hadad, qui évoluent de tableau en tableau, souvent dans le plus simple appareil, qui vivent une vie sur laquelle ne semble peser aucune ombre… « Je me compare à un conteur qui raconte toujours la même histoire, d'une façon à chaque fois différente. C'est la même histoire et ce n'est pas la même chose » aime à dire ce peintre discret, éminemment sympathique.

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Jörg HERMLE (2014)

Voici un artiste qui aime à prendre des risques. Son dessin, à l’instar de sa peinture, entend ne pas se situer seulement dans le champ de la représentation, mais, de façon autrement plus courageuse et engagée, s’inscrire dans la tradition expressionniste, celle qui analyse, dissèque ou dénonce les travers du genre humain. Pour cela, Jörg Hermle ne manque ni de l’œil sagace nécessaire à saisir ce qui cloche au quotidien dans notre civilisation ni de l’humour indispensable à toute bonne mise en perspective. Il nous régale depuis des lustres avec ses mises en scène, visions d’un monde souvent cocasse, lorsque, par exemple, il décrit, les habitués d’un restaurant plus occupés par l’écran tactile de leur téléphone portable que par ce qui se trouve dans leur assiette… Son trait, comme les angles qu’il choisit, font mouche pour souligner les grands incontournables de la condition humaine : la convoitise, la bêtise, la solitude… Ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, dans un siècle, dans deux siècles, on admirera l’Art de Jörg autant pour ses indéniables qualités plastiques que pour ses « lucidités amères ».

Hermle, _Les peaux roses_, 116x89cm, 201

Lionel TONDA (2012)

Son art comme la recherche perpétuelle de ce qui peuple l’imaginaire de notre temps. Comme la quête obstinée de nouvelles formes de vie, de nouvelles espèces, en quelque sorte. Ses créatures surgissent d’on ne sait où et se dressent dans la lumière, habillées d’un métal rouge et gris, et il n’est guère possible de se raccrocher à quelque souvenir pour les identifier ; elles rappellent parfois quelque insecte, quelque poisson, mais le plus souvent leur singularité est telle qu’elles semblent venir d’une autre planète

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Ayako DAVID-KAWAUCHI (2019)

Saisir la vie, par la magie du fusain, de la pierre noire, saisir un geste, une expression, la grâce d’un mouvement de tête, la profondeur d’un regard, la vérité d’une attitude, voilà qui constitue la trame de l’art d’Ayako Kawauchi. Exercice périlleux et sans filet, chaque fois recommencé. A l’image de l’écrivain devant sa feuille blanche, il lui faut à chaque instant trouver non pas le mot juste, mais le juste trait, le juste équilibre, la juste image. Fil ténu sur lequel elle évolue, en ayant garde de verser dans une représentation trop misérabiliste, uniquement mue par la nécessité intérieure de s’emparer chez son modèle de la petite étincelle de vérité qu’elle y devine. Le dessin ici dans ce qu’il requiert de plus pur, de plus absolument vierge de toute pollution, de toute influence extérieure, émanation intime et personnelle d’une artiste atypique.

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Pierre RIBA (2017)

Le travail de Riba, comme celui des autres lauréats du Prix Miroir de l’Art, ne peut en aucune façon se rattacher à une œuvre connue. Personne n’ose travailler le carton comme l’artiste du Gard, qui appartient à la trop petite famille des défricheurs. Ses sculptures résonnent de l’écho des civilisations dites primitives et dans le même temps irradient d’une indéniable modernité. Ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, regardez une sculpture de Pierre Riba, c’est écouter la mélopée sourde des peuples du passé, remixée sur un rythme contemporain.

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Hans JORGENSEN (2015)

Puisant son inspiration dans les angoisses de l’être humain, dans ses pulsions cachées, dans ses tourments, Hans Jorgensen nous offre des personnages figés dans la souffrance ou dans la transe, personnages saisis dans une expression exacerbée, que d’aucuns qualifieront d’expressionniste. Chaque être semble s’être brusquement pétrifié en un dernier sursaut, un ultime réflexe de vie. L’inanimé palpite encore dans le secret du bois que l’artiste utilise comme matériau, dans ces corps démantibulés qui continuent de brûler d’un feu intérieur que nulle force ne peut éteindre.

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Anne BOTHUON (2013)

Un indéniable magnétisme se dégage de ces « chairs » de tarlatane. Le fil et l’aiguille ont créé ici de toutes pièces une humanité fragile et singulière. Voici le reflet de nos corps d’os et de sang, une foule étrange et paisible. De son travail, Anne Bothuon écrit : « Le choix de l'échelle à taille humaine confère aux sculptures un effet de miroir renvoyant le spectateur à lui même. Echanges de regards, de regards brodés ? Pas de socle, elles ont les pieds sur terre ou volent en apesanteur ou chutent en déséquilibre aussi légères que puissantes. La gaze de tarlatane teintée et rebrodée leur donne des transparences proches de la carnation. Loin de la technologie contemporaine, j'ai choisi le fil et l'aiguille et placé l’humain au centre de mes préoccupations ».

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